"Imaginons un paysage de prothèses, imaginez. De la terre et des pierres, un arbre effondré, des trous. Le drame n'a plus lieu sur la scène, il est dans le décor-paysage : verre, métal, plastique. Comment dire mieux que l'espace se meurt. On entend une radio..."
Un homme arrive sur une colline par une nuit d'orage. Il parle à un mannequin qui ressemble à une jeune fille, il parle à roi mort, à un chien, à un duo comique, à un arbre, à des pierres. Il parle avec les objets, les animaux, les morts. Dans la terre, il trouve un séquenceur. C'est un dispositif numérique, une mémoire exacte qui permet d'enregistrer et d'ordonner les éléments dans une séquence. L'homme joue avec le séquenceur. Il s'abandonne dans le concert de sa voix enregistrée. L'enregistrement a pris la place de la vie.
L'échantillonnage met la répétition au coeur du texte, entraînant une perte de sens et en même temps la reconstitution de quelque chose qui se souvient du sens dans les trous de la langue. La machine ne porte pas seulement la mémoire, elle la tord et l'explose. Le théâtre est envahi par ce qui refuse le théâtre : animaux, objets, machines.
Le texte a été publié par L'Entretemps Editions en avril 2010 et proposé depuis mars 2008 en version numérique par Publie.net, coopérative d'édition numérique dirigée par François Bon. Un extrait a été publié en espagnol dans le vingtième numéro de la revue littéraire mexicaine Lineas de Fuga.
Le texte a fait partie du palmarès du Centre National du Théâtre en avril 2010. Il a reçu l'aide à la création de textes dramatiques.
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Echantillons de l'homme de moins a fait l'objet de lectures et de performances réalisées avec des acteurs, des musiciens, des informaticiens, des architectes, des plasticiens, des vidéastes, des paysagistes, les élèves d'une école d'ingénieurs. Elles ont eu lieu à la Galerie italienne à Paris, au Potager du Roi à Versailles, au Centre culturel Casa Vecina et au théâtre Carlos Lazo à Mexico, ainsi que dans le port de Dieppe. Matthieu Mével a poursuivi une série de variations autour de son texte en plongeant celui-ci dans des espaces réels : une oeuvre plastique (Bosco Naturale-Artificiale, réalisée par Gino Marotta en 1967), le jardin d'un roi transformé en paysage de prothèses, une rue, un port, un théâtre.
2007